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A propos des « Bobos » et des « Bobus »

par L’ingénue   25 février 2016

Il y a de cela une éternité – ou pour le moins 2400 ans–  la bible raconte  dans le livre des Juges,  au chapitre de Jephté le Galaadite, que l’on reconnaissait les Ephraïmites à ce qu’ils ne pouvaient  » prononcer correctement  » Shibbolet (1), ils disaient Sibbolet  !

Beaucoup plus près de nous, il y a 50 ans, Pierre Dac et Francis Blanche avaient reconnu chez les Babus l’impossibilité de dire indubitablement, ils ne pouvaient dire qu’indibutablement (2)!

J’ai déjà remarqué que les nouveaux Bobos (3) des médias, qu’ils soient ou non  les invités de « la gauche à la noce »  au cirque d’hiver, ne savent pas toujours comment parler et/ou comment  prononcer notre belle langue française.

Je dirais volontiers que          par l’indubitable Shibbolet,  ce ne sont que des Bobus !

        Les Bobus adorent les mots anglais si exotiques comme Mécontent   « chat  » :   les mots  dialogue, échange, entretien, débat, conversation, discussion ont trop de lettres et sur internet l’espace est si petit. Alors  les bobus  » chat(t)ent, tchat(t)ent et re(t)chat(t)ent «  de telle façon, que bien souvent leur   » chat bla bla «  accouche … d’une souris.

L’actualité sinistre de deux accidents d’avion donnerait même aux bobus l’occasion de   » (t)chat(t)er sur les crashes « (4)( le bobu ne prononce pas le pluriel anglais – en l’occurrence, ce serait encore plus insupportable). On reconnaît le bobu à ce qu’il peut même dire ou écrire :  » l’avion s’est crashé «  ; le bobu impose ainsi sa marque d’indifférence et  de mépris  pour les victimes et leurs familles.

A la question bobue :  » Trop de unes avec des  » crashes «   ?  » Paul Quinio sur libération.fr  vidéo 5 jours à la une du 3.07.09   répond donc – sans postillonner (?) avec  huit fois le mot  » crash-es « et deux fois  le mot accident-s. On reconnaît bien là le directeur adjoint d’une rédaction bobue.

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1 mot hébreu : épi  / La Bible

2 sauf les nuits de pleine lune entre 23h et 23h05  – Série radiophonique : Signé Furax/ Le gruyère qui tue
On retrouvait le deuxième épisode dans La mythologie de poche de la radio du 18.12.09 / émission Les passagers de la nuit de Thomas Baumgartner sur France Culture.

3 Les nouveaux  bobos,   CSP+ hauts revenus  etc. raffolant du pouvoir et des médias, ayant  la  drogue et l’argent de la  drogue,  c’est-à-dire  les   beaux «  beautiful  » ( comme disent les bobus ),  le  » beau  » monde du spectacle et de la politique-spectacle,  de la gauche   pseudo-socialiste au modem , des  verts, des  ultra-gauchistes et (ex) gauchistes à la vieille droite des patrons et des banquiers. Toutes celles et tous ceux qui,  bien parvenu(e)s  aux affaires (sic)…  sont à la noce  depuis longtemps.

cf. La gauche à la noce    article d’Ariane Chemin dans Le Monde du 03.10.07
E
xtraits :   » En Mai 68, ils montaient sur les barricades. Le 15 septembre, ils étaient 800 à fêter au Cirque d’hiver / encore plus cher que la Mutualité à 15 000 euros la salle / le mariage du fabiusien Henri Weber et de Fabienne Servan-Schreiber.(…)
Foin des querelles (…) : du groupe trotskiste lambertiste OCI aux hauts fonctionnaires centristes des Gracques (…) Est-ce la présence des banquiers – Bruno Roger, le patron de Lazard, Philippe Lagayette, de chez JP Morgan, ou Lindsay Owen-Jones, le patron de L’Oréal ? Celle des ténors du barreau, ou des patrons de télévision – Patrice Duhamel, Jérôme Clément, Patrick de Carolis ?  (…) ou le compagnonnage du journaliste Jean-François Kahn, patron de Marianne, avec Alain Minc, ami du président de la République.  »  ? (…)

« Si on n’est pas invité ce soir, c’est qu’on n’existe pas socialement « , souffle le psychanalyste Gérard Miller à ses camarades de table. Patrick Bruel, Carla Bruni ou Julien Clerc (…) « 
 
Bel exemple de  » mot  d’esprit bobo- bobu  » de la part de M. Miller, assis à côté d’une brochette de   » people « ,  les chouchous dont les médias font leurs choux gras !  Notez  que  » people  » est un mot très important – source inépuisable de profits – dans le dictionnaire bobu.

4 Pour une oreille francophone délicate ( c’est-à-dire non bobue), le mot crash résonne comme crachat ( spit  en anglais) ; le crachat que l’on interdisait dans l’espace public par simple  prophylaxie au temps de la tuberculose. Certains, qui cumulent encore incivilité et ignorance continueront de cracher par terre …

NB  Autres exemples empruntés à la presse écrite :
La rédaction du  journal Le Monde titre le 9.10.09  p. 19 en très gros caractères :  » Le crash oublié  » pour l’article d’ Annick Cojean sur l’accident du 30 juin 2009 de l’avion de la Yemenia Airways qui décrit la détresse des familles comoriennes de Marseille ayant perdu un ou plusieurs proches.
Et  pourtant oublier le mot crash avait été (presque) possible pour Martine Laronche, dans le même journal, le 20/21.09.09   » Est-il mort ? Je n’ai rien vu  » sous-titre :   » Après un accident d’avion, le corps de chaque victime n’est pas toujours retrouvé. Cette absence rend le deuil encore plus difficile pour les familles.  » Dans cet article, la journaliste  a alterné le mot accident et le mot catastrophe  pour ne céder  qu’une fois,  pour  » le crash de Charm El-Cheikh « ,  à la phraséologie bobue des journalistes.

cf. par l’ingénue   Un chat n’est plus un chat

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