Quand Macron présentait ses voeux de bonheur aux Français

    11 juin 2020  Note [non publiée le 20 janvier 2020] relue et réécrite avant le énième discours du Père Ubu- Macron, le 14 juin 2020, pour soutenir « les candidats de son parti », lors du deuxième tour des élections municipales (28 juin 2020).
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Ce que le protocole élyséen appelait  la « cérémonie des vœux »  du 31 décembre 2019, n’avait été qu’une nouvelle mascarade présidentielle, car M. Macron avait la mémoire courte.

L’air toujours satisfait de lui-même et le ton paternaliste, il remercia celles et ceux qui « veillaient sur nous »
« Nos militaires, nos gendarmes, nos policiers, nos sapeurs-pompiers, nos personnels soignants (…)  » alors que, toute l’année,  ils avaient tous été, jour après jour, en première ligne, et qu’il était resté sourd à leurs revendications, en donnant la même consigne aux ministres,  Blanquer,  Castaner, Parly et Buzyn.

Lui, président, n’avait « veillé » sur personne,   et « nos militaires, nos gendarmes, nos policiers, nos sapeurs-pompiers, nos personnels soignants (…)  » n’avaient gagné que de l’épuisement, des blessures, du désespoir jusqu’au suicide, ou la mort dans un attentat.

      De 2019, lui, président, n’avait retenu que « des moments » (sic) ! « des moments d’épreuve » (?), « des moments de violences » (!) ou même « un moment d’émotion lors de l’incendie qui a embrasé Notre-Dame »,  le soir du lundi 15 avril 2019, (premier jour de la Semaine sainte pour les catholiques).
Une « émotion » telle, qu’il avait interdit – dans les heures qui suivirent-  toute enquête préliminaire de la police scientifique, afin d’ouvrir une enquête pour simple « destruction involontaire par incendie ».
Il avait même eu le cynisme de dire qu’ « à la vague d’émotion, avait immédiatement succédé une vague d’enthousiasme » !

Macron le banquier savait qu’il pourrait compter sur ses amis milliardaires pour le protéger de toute controverse, qu’ils aideraient au  financement de la reconstruction, pour éloigner encore plus, le risque d’émergence de la vérité d’un attentat islamiste.

 

M. Macron n’avait  pas « veillé » non plus  sur nos banlieues ravagées toutes les nuits, les écoles incendiées, les enseignants insultés, agressés, par des adolescents et des parents haineux acharnés contre l’Éducation nationale laïque,  les pompiers et les policiers attaqués dans une guérilla urbaine permanente sur fond de trafics d’armes et de drogues ;   les villes qui ont subi chaque samedi   la malfaisance  des bandes d’anarcho-terroristes [black bloc] de l’ultra-gauche ; et toujours les attentats , les massacres, les incendies de  l’hydre (*) djihadiste aux 40 000 têtes.

On avait déjà compris que pour cet ancien banquier d’affaires, c’était l’être l’humain qui n’était pas son affaire !

Aussi, comment imaginer qu’il pourrait se soucier de nos vraies vies d’êtres humains au travail, à la peine, au chômage, à la retraite ?

Comment lui, fondé de pouvoir chez Rothschild & Co, [en 2012, et qui   savait surtout empocher 2,4 millions d’euros, grâce à une habile négociation de fusion-acquisition de la branche de laits infantiles de Pfizer par le PDG de Nestlé, juste avant de rentrer en politique comme secrétaire-adjoint de son prédécesseur],
Comment lui, président, pourrait-il veiller sur le peuple citoyen ?
Et comment lui, président, pourrait-il dire la vérité ?

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 Apostille
 2019  « annus horribilis » 

Le 7 janvier 2019, jour sombre de la réception par M. Macron des « têtes de l’hydre islamiste » du Conseil français du culte musulman, pour parler du financement d’un islam salafiste djihadiste,  en lieu et place de l’hommage à rendre aux douze victimes de Charlie Hebdo tuées par les frères salafistes djihadistes Ch. et S. Kouachi, ainsi qu’à la policière municipale et aux quatre victimes de l’Hyper casher tués par l’autre terroriste islamiste A. Coulibaly, les 8 et 9 janvier 2015.

[ On remarquera que pour la cinquième année de ce massacre, en ce 7 janvier 2020,  M. Macron a chargé le ministre de l’Intérieur et la ministre de la Justice de le représenter … Il avait trois rendez-vous beaucoup plus importants : Un entretien avec M. Bruno LASSERRE, Vice-Président du Conseil d’Etat ; un déjeuner avec M. Andrej Plenkovic,  Premier ministre de la République de Croatie ; et une cérémonie à ne jamais manquer : la réception des maitres boulangers pour l’Epiphanie.

Et le 9 janvier 2020, jour anniversaire de la tragédie de l’Hyper Cascher, il « présentait ses vœux aux autorités religieuses dont le CFCM, conseil français du culte musulman.]

 

Le 16 mars 2019, jour d’émeute urbaine d’une terrible violence sur l’avenue des Champs-Élysées ; 18ème samedi de manifestation (illégale car non déclarée en préfecture) des « gilets jaunes » infiltrés par les anarcho- « black bloc »- de l’ultra-gauche.  Cf. 16 mars 2019
Pendant ce temps-là, M. Macron se reposait à la Mongie, la paix civile, ce n’est pas « son affaire ».
[ L’on se souviendra aussi du samedi 1er décembre 2018, troisième sortie  des « gilets jaunes » rattrapés à Paris par les « black bloc » pour le saccage de l’Arc de Triomphe ].

Le 15 avril 2019, jour tragique de l’explosion incendiaire sur la noue de la cathédrale Notre-Dame de Paris ( les personnes présentes pour la messe du lundi de la semaine sainte (avant Pâques) ont entendu une explosion, mais pour M. Macron et Rémy Heitz, le procureur de Paris, c’était l’explosion d’un mégot mal éteint.

Le 1er mai 2019, jour sombre où les black bloc de l’ultra-gauche firent le pire au milieu du défilé pour la Fête du travail,

Le 26 septembre 2019, jour tragique du monstrueux incendie de Lubrizol à Rouen, incendie qui fut déclenché à l’extérieur du site certainement encore par l’explosion d’un mégot mal éteint, et non par celle d’un montage incendiaire, selon  M. Macron et le même Rémy Heitz, procureur de Paris (décidément bien utile),

Le 3 octobre 2019, jour sanglant où Mickaël Harpon, une autre « tête de l’hydre djihadiste »*, poignarda quatre de ses collègues policiers, et en blessa grièvement une cinquième, à la direction du renseignement de la Préfecture de Police de Paris.

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Le Père Ubu-Macron entre mensonge et absurdité

13 avril –  note relue et réécrite le 15 avril 2020

 

   Après avoir claironné, le 3 mars 2020, «Nous sommes prêts » et qu’il avait « cette force de relever le défi», M. Macron put endosser le costume du Père Ubu. Certes, il oublia la canne enfoncée dans la poche droite et le chapeau melon, mais avec « la puissance de sa Cornegidouille », il pouvait le plus longtemps possible, nous  embobiner dans l’Ubusurdité * de ses discours.

Dans son Adresse du 12 mars, le Père Ubu-Macron nous annonçait  que « plusieurs milliers de nos compatriotes, [avaient été] victimes de la plus grave crise sanitaire qu’ait connue la France depuis un siècle », mais ajoutait que : « le Covid-19 est sans danger dans l’immense majorité des cas » … sauf qu’il « [pouvait] avoir des conséquences très graves pour nos compatriotes âgés [et/ou] malades. »

Indubutablement*, nous pouvions déjà nous compter parmi les milliers de prochaines victimes, qu’il pourrait annoncer gravement  dans son prochain discours.

Cependant, le Père Ubu-Macron avait eu un éclair dans son hubutude *, car il s’était souvenu que, ministre des Finances de M. Hollande, puis président de « Nulle Part en France » [sans la majorité des électeurs inscrits], il n’avait jamais reconstitué la réserve d’État d’un milliard de masques nécessaires en cas de pandémie, jamais inclus dans le budget de la France, en nombre suffisant,  les vêtements protecteurs, les équipements et les appareils médicaux indispensables ; il avait toujours ignoré les justes revendications de nos personnels soignants,  sur leurs conditions de travail et leurs salaires,  dans nos hôpitaux publics.

« Par ma Cornegidouille », s’était-il exclamé, j’ai dans la poche gauche le remède ubuesque* qui ne coûtera rien, celui que j’ai concocté avec mon Ubuesque Conseil scientifique, la fameuse formule des « bons gestes barrières contre le Covid-19 ».

Dès lors, il avait clamé fièrement partout « [qu’il faisait] preuve d’esprit solidaire, et de sens des responsabilités » parce qu’il se lavait les mains, qu’il toussait et éternuait un jour, dans son coude gauche et le lendemain, dans son coude droit, qu’il ne se mouchait plus avec ses doigts mais dans un mouchoir qu’il jetait n’importe où, qu’il ne serrait ni mains ni coudes, et surtout évitait, voire même, arrêtait d’embrasser la Mère Ubu-Macron.

Et le bon Père Ubu-Macron nous félicita car « en adoptant les bons gestes [nous avions] ralenti la diffusion du virus et ainsi permis à nos hôpitaux et à nos soignants de mieux se préparer. C’est cela une grande nation. » … et comme l’orgueil le titillait, il pensait : c’est cela un grand Père Ubu-Macron.

Pour mieux nous prouver le ralentissement du virus, il nous assura que « [le principe qui le guidait] depuis le début pour anticiper cette crise et pour la gérer depuis plusieurs semaines et  continuer de le faire : [c’était] la confiance dans la science. »
C’est pourquoi il avait écouté avec son Premier ministre, son ministre de la santé, et son Ubuesque Conseil scientifique, les meilleurs spécialistes de « grand renom », qui leur avaient dit que « malgré nos efforts pour le freiner, le virus continue de se propager et est en train de s’accélérer.

Ainsi la théorie ubuesque des seuls « bons gestes barrières » avait juste permis l’accélération du virus depuis début février.
Mais le Conseil et le Père Ubu-Macron se figèrent dans l’Ubusurdité de leurs consignes minimalistes.

Et en même temps (son expression favorite), le Père Macron et ses ubuesques conseillers nous replongeaient au XVIIème siècle, au temps des médecins de Molière.

  – De quels parchemins avaient-ils extrait ces pratiques grossières d’éternuement et de toux dans son coude qui protégeraient les autres du virus, à condition de ne pas leur serrer la main ?

  – Ne savaient -ils pas que le virus se transmettait  par l’air expiré qui disperse de fines gouttelettes de salive ?

  – Et toujours dans sa dernière mise à jour du document info-coronavirus, le 12 avril 2020, le respect de la fameuse « distanciation sociale  d’un mètre  »  restait l’unique formule ubuesque « en l’absence de [vraies] mesures de protection » car le mot « masque(s) » était  tabou.
Alors que dans un communiqué, certes tardif,  du 2 avril 2020, l’Académie nationale de médecine expliquait « que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur. » 

Mais c’est bien le 12 mars que, tambour battant, le Père Ubu-Macron fit sa plus grosse Ububourde*.

le Père Ubu-Macron répéta trois fois que « la maladie touchera d’abord les personnes les plus vulnérables » (…) « que dans ce contexte, l’urgence est de protéger nos compatriotes les plus vulnérables » (…) Protéger les plus vulnérables d’abord. C’est la priorité absolue » (…)
C’est pourquoi je demande ce soir [jeudi 12 mars] à toutes les personnes âgées de plus de 70 ans, à celles qui souffrent de maladies chroniques ou de troubles respiratoires de rester autant que possible  à leur domicile.» 

  et Ubu-Macron en conclut   : « dans ce contexte, j’ai interrogé les scientifiques sur nos élections municipales [du dimanche 15 mars 2020].   Ils considèrent que rien ne s’oppose, à ce que les Français, même les plus vulnérables,  se rendent aux urnes  (…).»  !  !  !  !
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Puis, dans son adresse du 16 mars 2020, le Père Ubu-Macron rabâcha comment il faisait tout bien « avec ordre, préparation, sur la base de recommandations scientifiques avec un seul objectif : nous protéger face à la propagation du virus ».

Il remercia donc tous ces braves gens qui avaient tenu les bureaux de vote [avec ses bons gestes barrières à virus], et félicita les seuls candidats élus au premier tour …
Depuis nous savons tous les ravages du covid-19 causés dans les bureaux de vote.

 Pourquoi cette obstination ubuesque pour ce premier tour des municipales, alors qu’il savait, bien avant le 12 mars, qu’il n’y aurait pas de second tour, le 22 mars,  puisque le confinement serait annoncé par le Premier ministre  le 14 mars, pour débuter le mardi 17 mars 2020  à midi ?

     Son Ubuesque colère froide du 16 mars fut pour ceux qui, bien qu’ayant bravé le virus le matin dans le bureau de vote, et qu’il avait « salués chaleureusement », auraient voulu se promener dans un parc, l’après-midi.
⇒   Ayant  « bravé les consignes [ils ont risqué, nous dit-il] de contaminer leurs amis, leurs parents, leurs grands-parents », l’après-midi mais pas le matin.
Lui, le colérique Père Ubu, n’aurait pu « braver les consignes » en se promenant au Touquet avec la Mère Ubu, ou à son retour, dans son parc de l’Élysée !

  Mais après s’être fâché contre les promeneurs du dimanche, le Père Ubu par la puissance de sa Cornegidouille, voulut mettre les « dieux » dans sa poche à dogmes, à la place de sa canne.
Dans son Avis du 23 mars 2020 – p. 7-  l’Ubuesque Conseil  scientifique préconisa « en termes de santé publique « le soin pastoral» (…) également essentiel dans toute réponse à une crise épidémique».
Il recommanda au bon Père Ubu-Macron et à son bon Premier ministre «de soutenir la permanence téléphonique des principaux [chefs ] des communautés religieuses. »

  Le père Ubu-Macron nous laisserait-il penser, que faute de choix rapide de traitement efficace, et faute de capacités de soins d’assistance respiratoire, nous devrions choisir la seule bénédiction du cantique, du psaume ou de la sourate ?

Alors, à quand la prière à saint Hurlubulu,  lors de chaque réunion du Conseil scientifique, à la place – par exemple – de la réflexion sur la proposition de traitement du Pr Didier Raoult ?

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Mise en valeur des grands faits et gestes du Père Ubu-Macron et de son Conseil scientifique
    Source : Ubu roi publié en avril-mai 1896, Alfred Jarry.
Cf. Tout Ubu Le livre de poche – La philosophie du Père Ubu pp. 22-23.

* Lexique de L’ingénue  :
ubusurdité   =  absurdité
indubutablement =   indubitablement :   le Père Ubu-Macron aurait dû rester banquier d’affaires chez Rothschild.
Premier précepte de Descartes dans Le Discours de la méthode : « (…) ne recevoir jamais aucune chose pour vraie, que je ne la connusse évidemment être telle : c’est-à-dire d’éviter soigneusement  la précipitation et la prévention ; et de ne comprendre rien de plus en mes jugements, que ce qui se présenterait si clairement et si distinctement à mon esprit, que je n’eusse aucune occasion de le mettre en doute. »
hubutude = hébétude

ubuesque  =  Dans le grand Robert p.1598 : « qui ressemble au personnage d’Ubu roi par un caractère comiquement cruel, cynique et couard avec outrance ».

 ububourde  =  1- mensonge fait pour abuser, pour tromper.
2- faute lourde

Hurlubulu = 1562  nom d’un saint imaginaire chez Rabelais

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Quand M. Macron disait le 3 mars 2020 : « Nous sommes prêts »

22 – 26 mars 2020 –
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Ce vendredi 3 avril 2020, lire 
dans  Le quotidien du médecin 
Covid-19 : l’Académie de médecine favorable au port obligatoire du masque, même « alternatif » :

« Selon elle, « il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur ».

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Aurait-il menti ? 

Après avoir entendu sur  le site de l’Élysée, M. Macron, Chef de la Santé publique, (voir dossier coronavirus-covid-19),  dire « Nous sommes prêts » au  centre de crise du  ministère des Solidarités et de la Santé, le 3 mars 2020 (1) ;

il  m’a semblé utile, en ce 22 mars 2020,  de (re) lire  l’ excellent article publié promptement, ce même jour du 3 mars 2020, sur le site Caducee.net (2) :

«  Stocks insuffisants de masques FFP2 : la faute lourde de l’État ?  

   Où est passée la réserve stratégique de masques H1N1 ? 

Suite à la communication de la Direction Générale de la Santé  d’hier soir [2 mars 2020], s’est finalement produit ce que les médecins redoutaient sans trop y croire tellement cela paraissait relever d’une grande incompétence sinon d’une faute lourde.
Bien que dans le cœur de cible du #Coronavirus, les soignants libéraux devront se passer de masques de protection FFP2.

Non, face à une probable épidémie de virus respiratoire qui s’annonce comme plus contagieuse et possiblement plus mortelle que la grippe saisonnière, les médecins de ville, sans parler des infirmières, ni des dentistes, ne recevront pas la seule protection à même de garantir un niveau de protection adapté pour des professionnels de premier recours. Et ce en dépit de toutes les recommandations qui prévalaient jusque-là.

Non, cette fois-ci, ils devront se contenter de masques chirurgicaux de type FFP1 et on ne parle toujours pas de lunettes, de surblouses jetables et de kits de protection complets incluant solutions hydro-alcooliques à l’instar de ce qui a été mis en œuvre en Chine pour le Coronavirus ou en France lors de H1N1.

De nouvelles recommandations officielles pour les médecins libéraux
Pragmatique, la Direction Générale de la Santé a mis en ligne de nouvelles recommandations pour les médecins libéraux qui recevraient un patient avec toux et/ou fièvre : se laver les mains et porter un voire deux masques chirurgicaux de type FFP1 identiques à celui du patient.

Pourtant les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique sont claires.
« En cas d’agent respiratoire hautement pathogène, le port d’un APR de type FFP2 chez les soignants doit être envisagé pour toute situation exposant à un risque de transmission aérienne de l’agent, notamment à l’occasion d’un acte impliquant un contact direct avec un cas suspect ou confirmé et/ou en cas d’entrée dans une pièce où se trouve un cas suspect ou confirmé potentiellement contagieux et ce quel que soit le mode d’exercice (hospitalier ou libéral) et le lieu d’exercice (hôpitaux, cliniques, Ehpad, établissements pour handicapés, cabinets médicaux…). »

La faillite de Santé Publique France et de la Réserve Sanitaire
Il y a dix ans, tous les généralistes avaient reçu un masque FFP2 contre H1N1. Si contre le coronavirus ils doivent se contenter de FFP1, cela signifie concrètement que l’État a failli dans la gestion des stocks de masques FFP2.
Suite à la fusion des agences de santé dans Santé Publique France, ce n’est plus l’EPRUS [Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires] qui gère les stocks de masques chirurgicaux, mais « la réserve sanitaire » dirigée par  Catherine Lemorton.  C’est le 1er mars 2019 qu’elle a pris la direction de la réserve sanitaire désormais chapeautée par Santé Publique France.

Ce changement institutionnel serait-il à l’origine de manquements en ce qui concerne la gestion des stocks de FFP2 ? Si rien ne permet de le confirmer, on est en droit de se poser des questions.

Car en 2009 un rapport du Sénat a permis d’évaluer les stocks de FFP2 :

le 11 février 2009 : 723 millions. Le 6 mai 2009 : 579 millions, dont 463 millions relevant du stock stratégique, 116 millions relevant du stock des établissements de santé, et 228 millions périmés. (…)

Le 13 juillet 2009, l’État évaluait ses besoins ainsi :
« 537 000 000 masques FFP2 (334 000 000 masques pour l’administration centrale ; 203.000.000 masques relevant des établissements de santé). 110 000 000 de masques restant à livrer. 295.000.000 masques périmés ».

Si en 2009, l’État disposait de plusieurs centaines de millions de masques FFP2, comment ne peut-il pas être en mesure d’en mobiliser ne serait-ce que quelques millions pour assurer la protection de tous les soignants libéraux sauf à avoir complètement négligé la gestion de ses stocks ?

Et justement en la matière, le Haut Conseil de la Sécurité Publique recommande, pour déterminer un dimensionnement des stocks, de tenir compte des paramètres suivants :
• la reconstitution régulière d’une partie du stock et ce compte tenu des durées de péremption de ces masques ;
• le recensement des tailles de populations cibles et des volumes d’utilisation journaliers ;
• la durée de mise en place des mesures de prévention par les masques ;
• les capacités de fabrication et d’approvisionnement pendant une crise ;
• l’observance aux mesures de prévention par les masques.
Sur le sujet : Masques #FFP2 : la France n’a pas de stocks d’État, les médecins sont éberlués (3)

Rupture de stock

Cette probable défaillance de l’État aurait pu passer inaperçue si les circuits de distribution traditionnels étaient à même répondre à la demande. Or ce n’est clairement pas le cas à ce jour.
⇒  En effet, si le ministre de la Santé, Olivier Véran affirmait lors de sa conférence de presse,  lundi 24 février 2020 : « Il n’y a donc aucun problème d’accès à ces masques pour toutes celles et ceux qui en ont besoin ».
Il aurait tenu des propos d’une tout autre nature au président de Médecins Généralistes France, Jacques Battistoni qui se confie à Libération :
« Il n’y a pas de stock de FFP2, Olivier Véran me l’a confirmé lundi. »

Depuis, le gouvernement aurait passé une commande de 35 millions de masques FFP2 par mois, mais les fabricants ont du mal à répondre à la demande et les délais de livraison sont, à ce stade, inconnus. (…)
Tous les stocks des fabricants auraient déjà été mis à mal par les commandes venant de Chine et la plupart des pays européens sont logés à la même enseigne.
Même les solutions de gels hydroalcooliques ne sont plus disponibles en Pharmacie.
Sans gel ni masques de protection, les cabinets de consultation pourraient rapidement devenir un lieu à haut risque si l’épidémie venait à se confirmer.
(…)
*Pour autant la livraison des masques chirurgicaux s’organise et chaque professionnel de santé libéral pourra dans le courant de la semaine retirer dans une pharmacie son premier lot de 50 masques antiprojection FFP1, sur présentation de sa carte professionnelle. 10 millions de masques auraient ainsi été libérés.
*par  L’ingénue
De fait dans notre département de la région Centre, les pharmacies n’avaient pas reçu de masques dans la semaine du 3 mars 2020 ;  ils n’en ont reçus qu’en milieu de  semaine 12, quant à nos courageux médecins de ville – même ceux qui font des visites à domicile-, ils n’avaient toujours rien reçu, hier  – 21 mars 2020 –  ni masques ni tests, venant de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.  

Les syndicats furieux
« Cela fait des jours que nous réclamons des masques FFP2, affirme le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français au site legeneraliste (4). Si l’on est confronté à une grande épidémie et si seuls sont hospitalisés les cas les plus graves et les patients les plus fragiles, il faudra que tous les soignants soient protégés. »
« L’absence de protections (masques, lunettes, blouses) est un message désastreux envoyé à la médecine de premier recours. Être sans moyens énerve l’ensemble des médecins généralistes ». Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins Français (5) pour le Monde ». »

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1            3 mars 2020       [phase 2 de l’épidémie]

Le Président de la République s’est rendu au centre de crise du ministère des Solidarités et de la Santé pour faire le point. Retrouvez sa déclaration aux professionnels de santé en vidéo« .

par L’ingénue – quelques remarques sur la vidéo :

M. Macron est entouré à  sa droite par  O. Véran, ministre de la Santé et à sa gauche par  J. Salomon, directeur général de la Santé.

L’on sait que pour MM. Macron, Philippe et Véran comme pour le Professeur Salomon, parmi « les seuls gestes qui sauvent les autres », et qui remplacent les tests et  les masques  – que ces messieurs ont et que nous, nous n’aurons pas-  ce serait « tousser, éternuer et se moucher dans son coude », c’est pourquoi en remerciement,  il touche le bras du  ministre  … lequel, doit-il cependant espérer, ne s’est pas mouché avec !  …
Ce n’est qu’un clin d’œil attristé de l’ingénue en ce temps d’Ubu au pouvoir …

À 1:51 il « pense(sic) aux médecins libéraux, aux infirmières libérales, aux pharmaciens »(…)

 puis à   2:22 il dit  « pouvoir continuer à agir, protéger (sic) nos concitoyens et protéger (sic) nos personnels de santé« .

et à 3:55  il termine  sa prestation vidéo par :
« nous sommes et nous serons mobilisés dans la durée et jusqu’à la fin« ,
puis tourné vers O. Véran, d’une voix qui faiblit de plus en plus – car M. Macron sait qu’il n’y a ni tests, ni masques, pour le petit peuple et ses médecins-
« mais nous sommes prêts (sic), je sais (?) que nous aurons cette force de relever le défi« .  

2   3 mars 2020     Stocks insuffisants de masques FFP2 : la faute lourde de l’État ?   caducee.net 

3 La France n’a pas de stocks d’État, les médecins sont éberlués

4  CSMF   Confédération des Syndicats Médicaux Français  –   legeneraliste.fr

5 FMF Fédération des médecins de France

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Encore quelques jours pour nous saisir d’une parcelle de pouvoir

 3 mars – 5 mars  –   7 mars   – jeudi 12 mars 2020


Il en est encore temps …  jusqu’au 12 mars 2020 à minuit.

 

Cette parcelle de pouvoir que nous octroie la République française, nous la devons aux députés et aux sénateurs qui ont fait enregistrer par la Présidence de l’Assemblée nationale, le 10 avril 2019 :
une Proposition de loi visant  à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris (ADP).

C’est à l’initiative du  Sénat qui, le 9 avril 2019, « lors de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises, dit « PACTE », a adopté, par 191 voix pour et 50 voix contre (…) une motion tendant à opposer la question préalable sur ce texte. En conséquence, il n’a pas adopté le projet de loi.  

« Cette motion a été présentée, au nom de la commission spéciale, par ses rapporteurs Michel Canevet, Jean-François Husson et Élisabeth Lamure, qui estiment :
que « ce texte, au regard de l’objectif qui lui était fixé, devait favoriser la croissance et la transformation des entreprises, en les libérant de certaines contraintes, en simplifiant leur environnement et en accompagnant mieux leur développement [et] aurait pu rassembler une large majorité dans chacune des deux assemblées, sur des mesures utiles » ;
mais que « ces dispositions […] sont apparues secondaires par rapport à la question du désengagement de l’État du capital des entreprises Aéroports de Paris et la Française des Jeux [qui] constitue le principal obstacle à la poursuite d’un échange utile et fructueux entre les assemblées » ;
et par conséquence qu’ « examiner le projet de loi issu des travaux de l’Assemblée nationale en nouvelle lecture ne permettrait donc pas d’aller plus loin dans la recherche de compromis et de dispositifs plus équilibrés entre les deux assemblées sur les différents volets du texte » (1).

On connaît la suite : la loi Pacte, qui contient la privatisation d’ADP, a été adoptée à l’Assemblée nationale, le jeudi 11 avril 2019 – après le refus d’adoption de la loi par le Sénat le 9 avril 2019.
 M. Macron a réussi à privatiser ADP, avec 147 voix pour [sur 577] et 50 voix contre. (2)

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C’est ainsi que face au pouvoir-en-marche de M. Macron,  il nous faudrait à nous, simples citoyens, pour gagner cette parcelle de pouvoir,  être le 12 mars 2020 :   4,7 millions  
à avoir soutenu cette proposition pour que le gouvernement organise un référendum.

On a déjà dépassé le million (3) pour ce référendum d’initiative partagée et  déjà on en est fier  !

 Mais on peut  faire encore mieux d’ici jeudi 12 mars 2020.

C’est simple : il suffit d’avoir sa carte d’identité, et de repérer le numéro,
avant de cliquer sur le site  référendum d’initiative partagée

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L’Assemblée nationale, a refusé en nouvelle lecture, les 14 et 15 mars 2019,  l’apport du Sénat sur la suppression  des dispositions relatives à la privatisation de La Française des jeux et d’ADP (Aéroports de Paris).
   ⇒   Lors de sa Session ordinaire de 2018-2019 le jeudi 14 mars 2019 :
Cf. Compte-rendu de la séance du jeudi 14 mars 2019
 Deuxième séance  Privatisation d’ADP (appelé par priorité – suite) fin à 20h.
Cf. Compte- rendu de la séance du jeudi 14 au vendredi 15 mars 2019
Troisième séance  (21h30 à 6h).
Suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi relatif à la croissance et à la transformation des entreprises.
  VOTE SUR L’ENSEMBLE de la Loi Pacte et donc pour la privatisation d’ADP :

Nombre de votants          45      Nombre de suffrages exprimés   42
Majorité absolue             22    Pour l’adoption    27   sur    577 députés   Contre 15

Cf. France 24 avec Reuters et AFP. 11 avril 2019
Le Parlement a définitivement adopté jeudi le projet de loi Pacte et sa mesure la plus controversée, la privatisation du groupe Aéroports de Paris, contre laquelle un référendum d’initiative partagée (RIP) est enclenché. 


3
Le Figaro avec AFP 8 janvier 2020
 Référendum ADP: 1.057.000 soutiens enregistrés au 8 janvier 2020

On notera le silence si peu républicain et tellement complice de tous les médias audiovisuels du pouvoir- personnel-en-marche de M. Macron … sur ce référendum … depuis 9 mois. 

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La magnifique solidarité avec les grévistes depuis le 5 décembre 2019

24 janvier 2020  complétée le 28 janvier 2020

//Silence assourdissant sur l’Avis du Conseil d’État, dans les médias audiovisuels du « pouvoir personnel » de M. Macron//  

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À l’Élysée,
le 24 janvier 2020 à 10h,   présentation du « système universel (sic) de retraite en conseil des ministres.

En France :  « Après six semaines de mobilisation, l’intersyndicale a lancé un appel à « une journée massive de grève et de manifestations » le 24 janvier 2020, en réclamant le retrait du texte ». (AFP)

Lire dans Le Parisien.fr du  24 janvier 2020 de 10h à 20h  « Réforme des retraites : au 51ème jour de grève et de manifestations,  mobilisation en hausse à Paris et dans toute la France

Annonce à 13 heures, le 24 janvier 2020 : « Près de 3 millions d’euros pour la cagnotte du pot solidaire ». La cagnotte organisée par Info’Com CGT pour venir en aide aux grévistes a atteint depuis le 5 décembre, 2 961 204 euros. »

Même le Conseil d’État est solidaire :  (1) 

Extraits :
« 1. Le Conseil d’Etat a été saisi le 3 janvier 2020 d’un projet de loi organique « relatif au système universel de retraite » et d’un projet de loi « instituant un système universel de retraite ». (…)
I. Considérations générales / Organisation des textes et conditions de saisine du Conseil d’Etat

3. (…) L’étude d’impact initiale qui accompagne les deux projets de loi est apparue, pour certaines dispositions, insuffisante au regard des prescriptions de la loi organique n° 2009-403 du 15 avril 2009. Le Conseil d’Etat rappelle que les documents d’impact doivent répondre aux exigences générales d’objectivité et de sincérité des travaux procédant à leur élaboration et que chaque document élaboré pour un article ou groupe d’articles doit exposer avec précision tous les points énumérés à l’article 8 de la loi organique du 15 avril 2009. À la suite d’observations du Conseil d’État, le Gouvernement a, le 15 janvier, complété et approfondi l’étude d’impact initiale sur plusieurs points, notamment en ce qui concerne les projections financières de la mise en œuvre de la réforme (…).
Toutefois, le Conseil d’Etat constate que les projections financières ainsi transmises restent lacunaires et que, dans certains cas, cette étude reste en deçà de ce qu’elle devrait être, de sorte qu’il incombe au Gouvernement de l’améliorer encore avant le dépôt du projet de loi au Parlement, en particulier sur les différences qu’entraînent les changements législatifs sur la situation individuelle des assurés et des employeurs, l’impact de l’âge moyen plus avancé de départ à la retraite, qui résulterait selon le Gouvernement de la réforme, sur le taux d’emploi des seniors, les dépenses d’assurance-chômage et celles liées aux minima sociaux. (…)

5. 
Pour novatrice et fructueuse qu’elle puisse être, cette démarche [de concertation] ne saurait dispenser le Gouvernement de faire procéder en temps utile aux consultations auxquelles les projets de loi sont soumis eu égard à la nature des dispositions qu’ils édictent. Or le Conseil d’État relève que la saisine des organismes qui doivent émettre un avis s’est effectuée tardivement, après que le projet de loi lui a été transmis et la plupart du temps selon les procédures d’examen en urgence. Si la brièveté des délais impartis peut être sans incidence sur les avis recueillis lorsqu’ils portent sur un nombre limité de dispositions, il n’en va pas de même lorsque la consultation porte sur l’ensemble du projet de loi, tout particulièrement lorsque le projet de loi, comme c’est le cas en l’espèce, vise à réaliser une réforme de grande ampleur. Au surplus, compte tenu de la date à laquelle ces avis ont été rendus, la possibilité pour le Gouvernement de les prendre en compte est extrêmement réduite, y compris au stade de l’examen par le Conseil d’État, stade auquel au demeurant auraient déjà dû être intégrées les modifications pouvant le cas échéant en résulter. 

6. Le Conseil d’Etat souligne qu’eu égard à la date et aux conditions de sa saisine, ainsi qu’aux nombreuses modifications apportées aux textes pendant qu’il les examinait, la volonté du Gouvernement de disposer de son avis dans un délai de trois semaines ne l’a pas mis à même de mener sa mission avec la sérénité et les délais de réflexion nécessaires pour garantir au mieux la sécurité juridique de l’examen auquel il a procédé. Cette situation est d’autant plus regrettable que les projets de loi procèdent à une réforme du système de retraite inédite depuis 1945 et destinée à transformer pour les décennies à venir un système social qui constitue l’une des composantes majeures du contrat social. Il appelle l’attention du Gouvernement sur la nécessité d’assurer le respect de méthodes d’élaboration et de délais d’examen des textes garantissant la qualité de l’action normative de l’Etat et souligne l’importance de cette recommandation pour l’examen des nombreuses ordonnances prévues par les projets de loi. » (…)
lire  suite des extraits – note 1

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                    Comment ne pas saluer la magnifique solidarité du peuple français avec les grévistes, qui, jour après jour, avec leurs syndicats,  depuis le jeudi 5 décembre 2019, défendent si courageusement notre système de retraite  !

Car la réforme scélérate de M. Macron, président-banquier- d’affaires-en-marche, n’est que l’inscription sur sa feuille de route électorale, de l’ordre donné par ses généreux soutiens milliardaires et leurs « boîtes à penser capitalistes ».

Ainsi, comme il l’a tant crié dans ses discours électoraux, M. Macron est bien  un humble serviteur, mais il n’est pas celui du peuple français.

M. Macron et son gouvernement Philippe ne sont que les humbles serviteurs du grand capital … et tout particulièrement des grands capitalismes issus de la seconde guerre mondiale, celui du gouvernement américain  et celui du gouvernement allemand, les grands dominateurs de « l’Union européenne » ,  grâce aux humbles serviteurs d’alors, J. Monnet- R. Schuman (2).

Comme M. Macron n’est qu’un  « banquier mondialiste », ses seuls buts politiques en France, sont de récupérer et canaliser vers les banques d’affaires et leurs fonds de pension,  l’épargne retraite du peuple et,  jusqu’à la fin de son quinquennat, de livrer au capitalisme mondialiste, les plus beaux fleurons de notre industrie, au prix d’immondes dépeçages comme celui  d’ Alstom dont le développement était le fruit  du magnifique travail de ses salariés (3).

Porté par la certitude que le nouveau -système- Macron- de -retraite -par -points- jamais- réévalués, nous plongera dans la pauvreté (4), le peuple de France est en solidarité et en fraternité avec les grévistes et toutes les manifestations actuelles, donnant le bel exemple de notre attachement républicain à la citoyenneté dans le respect de la paix civile.

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Compte-rendu élyséen du conseil des ministres du 24 janvier 2020.

1   Avis du Conseil d’État sur un projet de loi organique et un projet de loi instituant le système de retraite universel.  Assemblée générale des jeudis 16 et 23 janvier 2020
……………….. Suite

R
ecours aux ordonnances 

7. Le projet de loi comporte en effet des dispositions habilitant le Gouvernement à prendre 29 ordonnances sur le fondement de l’article 38 de la Constitution. Ces habilitations, réparties sur 23 articles, portent sur une quarantaine de questions aussi diverses que la définition de dérogations à caractère professionnel à l’intérieur du système universel de retraite, la définition de régimes d’invalidité, d’inaptitude ou de pénibilité corollaires des nouvelles dispositions régissant les droits à pension, la gouvernance du nouveau système de retraites ou les conditions d’entrée en vigueur de la réforme. Le Conseil d’Etat souligne que le fait, pour le législateur, de s’en remettre à des ordonnances pour la définition d’éléments structurants du nouveau système de retraite fait perdre la visibilité d’ensemble qui est nécessaire à l’appréciation des conséquences de la réforme et, partant, de sa constitutionnalité et de sa conventionnalité. En conséquence, il s’assure que le projet définit avec une précision suffisante les finalités et le domaine d’intervention de ces ordonnances, sans descendre cependant dans un degré de détail excessivement contraignant au regard des finalités poursuivies, et à adapter le délai dans lequel elles devront intervenir tant à la complexité que leur élaboration semble présenter qu’au calendrier très resserré de mise en œuvre de la réforme. Par ailleurs, pour l’une de ces ordonnances, particulièrement cruciale pour la protection des droits des assurés, le Conseil d’Etat estime nécessaire d’ajouter une disposition précisant qu’en l’absence d’intervention de l’ordonnance prévue, la loi ne s’appliquera pas aux assurés concernés.

  Contexte de la réforme 

8. Le système français de retraite est fondé depuis 1945 sur la répartition, les cotisations et taxes versées une année donnée finançant les prestations de cette même année. Ce système manifeste par son fonctionnement même la solidarité entre les générations et fait que le niveau de vie moyen des « seniors » comparé au reste de la population est, en France, parmi les plus élevés au sein de l’OCDE. Il est, en outre, caractérisé par l’existence en son sein de mécanismes de solidarité, en faveur notamment des personnes ayant élevé des enfants et des personnes âgées aux ressources les plus faibles. Ainsi, selon les données de l’étude d’impact, les inégalités de pensions sont réduites d’un tiers par rapport aux inégalités de revenus des actifs et le taux de pauvreté est passé chez les retraités de 35% en 1970 à 7,6% en 2017. *

9. Le projet de loi intervient dans un contexte de relative solidité du système français de retraite, en raison notamment des réformes des années récentes qui ont permis de sécuriser son financement. L’augmentation de l’espérance de vie et la stagnation de la fécondité ont ainsi conduit depuis plusieurs décennies à voir le nombre de retraités par cotisant augmenter, ce qui a conduit à des réformes visant à garantir le financement du système par répartition.
……………………………………………..  à suivre …………..
*En novembre 2019, L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) constate que la France offre une très bonne protection sociale aux retraités (…) et le taux de remplacement est largement supérieur à la moyenne : 73,6% du salaire moyen, contre 58,6% en moyenne dans les pays de l’OCDE (…) »
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Cf. le livre de Philippe de Villiers :  J’ai tiré sur le fil du mensonge et tout est venu. Fayard. Février 2019.

3    Lire dans l’hebdomadaire Marianne Publié le 18/12/2019 :
L’appel de 32 polytechniciens pour l’industrie française :
« Emmanuel Macron, vous avez le devoir de sauver Alstom ! »

4  Il faut savoir que MM. Macron et Philippe ont eu le cynisme de mettre « en même temps », à l’ordre du jour du conseil des ministres du 24 janvier 2020, le « Décret de création des commissaires à la lutte contre la pauvreté ».   
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