La maternité et la paternité selon J. Attali

6 mars 2008

Le futur est décidément ce que Jacques Attali connaît le mieux. Il hésite juste un peu entre le Meilleur des Mondes et Matrix, pour déclarer finalement que cela pourrait plutôt ressembler au Paradis terrestre, tel que les rédacteurs de la Bible nous l’ont concocté, il y a 2800 ans. C’est dire si pour M. Attali  tout est dans tout et si sa conversation d’avenir[s] (1) sur la maternité m’a laissée songeuse.

Il aura suffi à Stéphanie Bonvicini d’une donnée chiffrée, à savoir que 50,5% des enfants naissent hors mariage, pour que J. Attali puisse d’un ton magistral nous annoncer que  la maternité, l’allaitement et la famille ne seront bientôt plus qu’un (mauvais ?) souvenir. Et de citer pour preuve de modernité, les sociétés archaïques, où il n’y a pas de liens entre l’enfant et les parents.

D’après lui, on se marierait parce que l’on a un enfant (ce que vient contredire le nombre grandissant de familles monoparentales) , sachant que l’on se quitte aussi lorsque l’on a un enfant – et même plusieurs. Il me semble plutôt que la chance des enfants de voir leurs parents se marier est encore plus faible que celle  de voir leurs parents mariés ne pas divorcer.

           Le même qui défend la valeur de ses 300 décisions pour la libération de la croissance, les juge là si peu applicables et/ou efficaces qu’il avoue que  » ça coûtera de plus en plus cher d’avoir un enfant (sic). » Si bien qu’il prévoit que les parents seront de plus en plus  » tardifs « , l’enfant devenant leur signe extérieur de richesse. Il assure ainsi que l’avenir appartiendra  aux jeunes de vingt ans qui auront des pères octogénaires !

Mais l’avenir, tel que  M. Attali  nous le souhaite, se réalisera  lorsque  » la femme pourra mettre en réserve un ovule et créer les conditions de sa maternité artificielle en se débarrassant de la contrainte de cette maternité et ça, c’est une affaire de quelques décennies mais pas plus. » A nous d’imaginer la silhouette solitaire du (de la)  » père-mère «  qui se profilera devant la vitre de l’utérus artificiel, pendant la visite au foetus du week-end …

D’après J. Attali, l’affaire est tout bénéfice, pour la femme comme pour l’homme informés qu’ils sont de  » la durabilité…précaire (sic) du couple « , définitivement séparés mais égaux.  Surtout dans nos sociétés de consommation  » à l’américaine » où il suffira de payer un laboratoire pour avoir l’enfant artificiel de son choix. Les autres milliards d’hommes et de femmes – les pauvres !- gardant la fâcheuse habitude de la procréation à l’ancienne.

En fait, derrière cette fausse bonne idée qu’une maternité totalement artificielle serait  la  libération des femmes, la vision d’avenir de M. Attali se cale uniquement sur le succès commercial de la procréation artificielle. Son adultocentrisme  égoïste  d’homme d’affaires m’effraie.
Remplacer ainsi la maternité, la famille et son devoir d’éducation par un projet industriel rentable, correspond à un bouleversement du droit des jeunes enfants à la sécurité affective, au déni de la nécessité vitale pour chacun(e)  de s’enraciner dans sa vraie histoire, dans son humanité, tout simplement. Quelles seront les valeurs humanistes d’une société fascinée par le  » tout médical scientifique payant  » ?

Enfin, écoutons-le encore dire la merveille des merveilles : le cerveau -des riches- pourra se développer à l’infini ! M. Attali se réjouit à l’avance de la facilité avec laquelle l’homme du futur – fabriqué dans un utérus artificiel  pourra  » porter un cerveau de 20 à 30 kilos « (ce qui bien évidemment, l’intelligence étant proportionnelle au poids l’empêcherait alors de dire une telle blague).

       
  1 Conversation d’avenirs la maternité Jacques Attali/ citations en italique – Stéphanie Bonvicini  Public Sénat 22/02/08

Cf. la facette du donneur de leçon du PS, à la page L’exemple du « think tank » de M.Attali ou la finance toxique des PDG

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Le bébé, la Halde et le partenaire

31 janvier 2008

Pour un bébé, qu’il soit adopté ou « fruit » de « l’homosexualité parentale »,  le choix préférentiel d’avoir son vrai papa et sa vraie maman étant exclu, les deux « papas » ou les deux « mamans »   sont désormais parvenu(e)s à imposer selon leur désir et sans aucun état d’âme, ce qui est « bien » pour cet(te)-enfant-à -naître-là.

Tout serait pour « le mieux  homosexuel dans leur meilleur des mondes » … sauf à penser à l’enfant,  devenu(e) adulte, qui s’efforcera désespérément de savoir la vérité sur sa naissance – comme beaucoup d’entre nous (exceptés peut-être,  les membres de la Halde (1),  sauf à ne plus  juger comme la  cour d’appel de Rennes (2) que  » l’autre maman  » ne pouvait obtenir « un congé  paternité ».

Qu’à cela ne tienne, la Halde ne « discriminant » pas la différence que fait un  petit garçon ou une petite fille entre son papa et sa maman, crie à la  discrimination  :  l’autre maman étant un papa comme les autres, selon les droits de l’homme sur « l’orientation sexuelle ».

La Halde crie haro sur la CPAM pour qui le terme  « paternité » restreint le droit au père en tant que personne sexuée masculin avec un lien de filiation avec l’enfant » ;  et la Halde dicte la nouvelle  formule ad hoc pour « substituer à la notion de congé paternité fondée sur le lien de filiation un congé d’accueil du jeune enfant »  qui serait ouvert au partenaire contribuant à l’éducation de l’enfant. »

Exit donc le congé  paternité, voilà le  congé  partenaire.
Ainsi grâce à la Halde, « deux papas » pourront aisément demander   « leur congé partenaire ». L’un -au choix-  à la place d’un congé maternité refusé pour cause de non-sens, l’autre à la place d’un congé paternité  de complaisance – / les deux mères : la « mère porteuse » et/ou la mère donneuse d’ovocytes restant  définitivement inconnues pour l’enfant et pour son état civil.

C’est ce que l’on appellera la Halde-garderie  ou l’illustration du déni total des droits des enfants.

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1 Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité 

2 La cour d’appel de Rennes refuse d’accorder un congé paternité à une femme homosexuelle
 30.01.08© Le Monde.fr

  

Cadres (privé / public) et cocaïne

  De la très intéressante émission de Madeleine Mukamabano La société des Nations (France Culture) du 17 janvier 2008 sur La géopolitique de la drogue, il ne fallait pas manquer les informations de Xavier Raufer* et de Jean-François Gayraud** sur la cocaïne dans l’Union européenne.

  Selon X. Raufer,  » Entre 2000 et 2005… on estime que la quantité de cocaïne importée dans l’ UE est passée de 50 tonnes à 300 tonnes par an au minimum, depuis 2005, 2006, 2007, et…l’UE ne fait rien, ils font comme si ça n’existait pas… [Or,c’est] une drogue qui est socialement extrèmement dangereuse : la cocaïne est une drogue de jeunes actifs, c’est une drogue que prennent des ingénieurs, des journalistes, des médecins… » Il évoque alors  » le scandale » du budget annuel d’Europol, la police de 400 000 000 d’habitants qui  » équivaut au prix de 5 tonnes de cocaïne » (sic)! 

 J.F. Gayraud poursuit :  » Il faut remarquer que la cocaïne est un produit qui est bien en empathie avec la société contemporaine, société de consommation, spectaculaire, festive et les conséquences à long terme, en terme de corruption sont redoutables, car, en effet, c’est une drogue qui va être consommée par les cadres des secteurs privé et public d’aujourd’hui et de demain, tous ces cadres, au delà des dégâts sociaux, vont se trouver de manière permanente au contact de milieux criminels, car il faut bien acheter la drogue quelque part, il faut bien avoir des « dealers » – donc quelles seront les conséquences de cette … porosité nouvelle entre les cadres du privé et du public d’aujourd’hui et demain et ces milieux criminels ? «  

  La question de J.F. Gayraud est aussi pertinente que les réponses sont  inquiétantes.   L’inertie de l’Union européenne, face aux trafics qui la traversent journellement d’est en ouest, du sud au nord,  indiquerait-elle déjà une forme de complicité politique larvée ?  

  Responsables et coupables de l’exploitation esclavagiste voire terroriste des paysans, et de la lente dégradation de la santé physique et mentale d’une jeunesse perdant ses repères et ses valeurs, les réseaux tentaculaires, aux monstrueux profits, avec leurs politiciens corrompus, leurs vieilles mafias impitoyables et leurs nouveaux gangs barbares – lourdes menaces pour l’avenir de nos sociétés démocratiques – ont-ils trouvé des alliés puissants chez les cadres consommateurs et au pouvoir en Europe comme en France ?

                                          Attention DANGER !

                                                                        

*Criminologue. Il enseigne à l’Institut de Criminologie ( Département de recherches sur les Menaces Criminelles Contemporaines – MCC ) de l’Université Paris II…

**Docteur en droit – Commissaire divisionnaire de la Police nationale…

La société des Nations

NB On pourra lire aussi Cette drogue fait juste des cons arrogants, de Virginie Despentes qui appelle un chat un chat et la cocaïne la coke : 

 » Quand on arrive à Paris en venant de province et qu’on fréquente les gens riches, le premier truc qui choque, c’est que tout le monde a de la cocaïne ; c’est leur drogue, elle est partout (…) C’est une drogue qui t’inclut dans la société (…) A la base, c’est la drogue des publicitaires (… ) Faut pas aller chercher plus loin, les gens de pub, de télé, de presse, de cinéma, les politiques prennent de la coke, ce n’est pas un hasard (…). La cocaïne, pour tenir les gens, c’est super. Une fois qu’on est dans la cocaïne, tout ce qui compte c’est en racheter, donc on bossera dans n’importe quelle condition. On réfléchit moins, on bosse plus, on a besoin de plus d’argent. Moins de sommeil, beaucoup moins de réflexion, et plus aucune marge de rébellion, on va pas se rebeller alors qu’il te faut de la coke le lendemain. En plus, la coke brouille le jugement, donc si le chef a parlé, on va faire comme le chef a dit, parce que demain de toute façon il faut de la coke (…) moi, je n’ai jamais vu quelqu’un que ça rendait brillant sur le long terme. La cocaïne, ça fait juste des cons arrogants, bavards, très sûrs d’eux, agressifs, paranos, certainement pas géniaux.   Le Monde   13.04.2006    

                                                                        

     Roberto Saviano auteur de Gomorra sur France 5 – il est accueilli par François Busnel dans La grande Librairie le jeudi 27 novembre 2008 / à voir ou à revoir dimanche 30 novembre à 9h 50.    » …Toute la cocaïne française est traitée à travers les cartels italiens qui traitent avec les cartels d’Amérique du Sud … » R.S.     

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Arte THEMA  sur les deux autres mafias : n’drangheta et cosa nostra

                         Mafia et antimafia  16.12 2008 / 18.12.2008

1- Main basse sur l’Europe – n’drangheta (mafia calabraise) réalisatrice Agnès Gattegno

 2- Halte à la mafia – cosa nostra (mafia sicilienne) réalisateur Jorge Amat / « Comment en Sicile, la société civile a commencé à se dresser contre la mafia et contre le pizzo (racket) ».

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Sous la loupe du conseil de la jeunesse de Seine-Saint-Denis

   Le Monde du 93 * tel qu’il est mis en pages par le conseil de la jeunesse **de Seine-Saint-Denis nous donne à voir des pans entiers d’une réalité, la plupart du temps occultée  par les seules actualités dramatiques.

Dès l’éditorial d’Ingrid Nivert et d’Eros N’Simba, nous apprenons que le conseil travaille depuis juin 2006 sur  » l’image des jeunes, la relation jeunes-police, l’égalité des chances à l’école et le logement « .

Les forces vives sont là, comme partout ailleurs, dans un riche tissu associatif qui aide à la réalisation de projets visant à la réussite scolaire des enfants ou à « une nouvelle solidarité Nord-Sud « .

Eros N’Simba, dans son article  » Les primo-votants, entre découragement, désir de changement et volonté d’agir  » exprime clairement toute l’importance qu’aurait  » l’implication de ces jeunes au sein d’associations et de partis politiques. »

Notre société s’est construite siècle après siècle grâce à l’enthousiasme, à la générosité et au génie de sa jeunesse. Plus que jamais elle a besoin de tous les talents et de toutes les imaginations créatives.  Bienvenue aux jeunes citoyens !

* Cahier du « Monde » daté mercredi 16 janvier 2008

**  conseil départemental de la jeunesse, des sports et de la vie associative (CDJSVA)

La visite de l’Oncle Sam

 Ainsi, ayant attendu sept longues années pour se pencher sur  le dossier d’Israël et de la Palestine, la diplomatie républicaine ficelle depuis Annapolis une sorte d’ultimatum d’un an pour aboutir au traité de paix.

Avec sept ans de déni total des problèmes humanitaires dans les territoires palestiniens jusqu’à  la catastrophique scission politique entre Gaza et la Cisjordanie, et une sanglante guerre en Irak, l’Oncle Sam en viendrait-il  à considérer que sa politique internationale est un brûlot permanent qu’il s’agirait éteindre ?

Le miracle annoncé que serait une paix-éclair  » à l’américaine », pourrait bien n’être qu’un mirage. De fait, sa visite au Proche-Orient le montre tel qu’il est, un poisson dans le pétrole du désert arabique. Sa  tournée vise surtout à caler son éventuelle intervention en Iran – les marchands de bombes s’en frottent déjà les mains – sales.  

Il en est un qui ne semble pas confondre M. Bush  avec un messager de paix. C’est Mgr Elias Chakkour, palestinien, israélien, archevêque Grec-catholique de Galilée, chargé  d’accompagner le président au Mont des Béatitudes – à la demande du gouvernement israélien et de l’ambassade des Etats-Unis en Israël- :  » Nous sommes une voix qui crie dans le désert, et nous voulons crier avec l’espérance qu’il y a encore une pièce de terrain fertile dans sa conscience, pour qu’il comprenne que ce n’est pas comme cela qu’on régit le monde, en éliminant une nation, en oppressant une autre nation, en favorisant une troisième nation. C’est pas comme cela que l’histoire s’écrit *… »

* propos recueillis par Xavier Sartre pour Radio Vatican.

NB  Et pour les affamés de fraternité, il y a aussi « La Visite de la Fanfare » !