Quand M. Macron disait le 3 mars 2020 : « Nous sommes prêts »

22 – 26 mars 2020 –
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Ce vendredi 3 avril 2020, lire 
dans  Le quotidien du médecin 
Covid-19 : l’Académie de médecine favorable au port obligatoire du masque, même « alternatif » :

« Selon elle, « il est établi que des personnes en période d’incubation ou en état de portage asymptomatique excrètent le virus et entretiennent la transmission de l’infection. En France, dans ce contexte, le port généralisé d’un masque par la population constituerait une addition logique aux mesures barrières actuellement en vigueur ».

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Aurait-il menti ? 

Après avoir entendu sur  le site de l’Élysée, M. Macron, Chef de la Santé publique, (voir dossier coronavirus-covid-19),  dire « Nous sommes prêts » au  centre de crise du  ministère des Solidarités et de la Santé, le 3 mars 2020 (1) ;

il  m’a semblé utile, en ce 22 mars 2020,  de (re) lire  l’ excellent article publié promptement, ce même jour du 3 mars 2020, sur le site Caducee.net (2) :

«  Stocks insuffisants de masques FFP2 : la faute lourde de l’État ?  

   Où est passée la réserve stratégique de masques H1N1 ? 

Suite à la communication de la Direction Générale de la Santé  d’hier soir [2 mars 2020], s’est finalement produit ce que les médecins redoutaient sans trop y croire tellement cela paraissait relever d’une grande incompétence sinon d’une faute lourde.
Bien que dans le cœur de cible du #Coronavirus, les soignants libéraux devront se passer de masques de protection FFP2.

Non, face à une probable épidémie de virus respiratoire qui s’annonce comme plus contagieuse et possiblement plus mortelle que la grippe saisonnière, les médecins de ville, sans parler des infirmières, ni des dentistes, ne recevront pas la seule protection à même de garantir un niveau de protection adapté pour des professionnels de premier recours. Et ce en dépit de toutes les recommandations qui prévalaient jusque-là.

Non, cette fois-ci, ils devront se contenter de masques chirurgicaux de type FFP1 et on ne parle toujours pas de lunettes, de surblouses jetables et de kits de protection complets incluant solutions hydro-alcooliques à l’instar de ce qui a été mis en œuvre en Chine pour le Coronavirus ou en France lors de H1N1.

De nouvelles recommandations officielles pour les médecins libéraux
Pragmatique, la Direction Générale de la Santé a mis en ligne de nouvelles recommandations pour les médecins libéraux qui recevraient un patient avec toux et/ou fièvre : se laver les mains et porter un voire deux masques chirurgicaux de type FFP1 identiques à celui du patient.

Pourtant les recommandations du Haut Conseil de la Santé Publique sont claires.
« En cas d’agent respiratoire hautement pathogène, le port d’un APR de type FFP2 chez les soignants doit être envisagé pour toute situation exposant à un risque de transmission aérienne de l’agent, notamment à l’occasion d’un acte impliquant un contact direct avec un cas suspect ou confirmé et/ou en cas d’entrée dans une pièce où se trouve un cas suspect ou confirmé potentiellement contagieux et ce quel que soit le mode d’exercice (hospitalier ou libéral) et le lieu d’exercice (hôpitaux, cliniques, Ehpad, établissements pour handicapés, cabinets médicaux…). »

La faillite de Santé Publique France et de la Réserve Sanitaire
Il y a dix ans, tous les généralistes avaient reçu un masque FFP2 contre H1N1. Si contre le coronavirus ils doivent se contenter de FFP1, cela signifie concrètement que l’État a failli dans la gestion des stocks de masques FFP2.
Suite à la fusion des agences de santé dans Santé Publique France, ce n’est plus l’EPRUS [Etablissement de préparation et de réponse aux urgences sanitaires] qui gère les stocks de masques chirurgicaux, mais « la réserve sanitaire » dirigée par  Catherine Lemorton.  C’est le 1er mars 2019 qu’elle a pris la direction de la réserve sanitaire désormais chapeautée par Santé Publique France.

Ce changement institutionnel serait-il à l’origine de manquements en ce qui concerne la gestion des stocks de FFP2 ? Si rien ne permet de le confirmer, on est en droit de se poser des questions.

Car en 2009 un rapport du Sénat a permis d’évaluer les stocks de FFP2 :

le 11 février 2009 : 723 millions. Le 6 mai 2009 : 579 millions, dont 463 millions relevant du stock stratégique, 116 millions relevant du stock des établissements de santé, et 228 millions périmés. (…)

Le 13 juillet 2009, l’État évaluait ses besoins ainsi :
« 537 000 000 masques FFP2 (334 000 000 masques pour l’administration centrale ; 203.000.000 masques relevant des établissements de santé). 110 000 000 de masques restant à livrer. 295.000.000 masques périmés ».

Si en 2009, l’État disposait de plusieurs centaines de millions de masques FFP2, comment ne peut-il pas être en mesure d’en mobiliser ne serait-ce que quelques millions pour assurer la protection de tous les soignants libéraux sauf à avoir complètement négligé la gestion de ses stocks ?

Et justement en la matière, le Haut Conseil de la Sécurité Publique recommande, pour déterminer un dimensionnement des stocks, de tenir compte des paramètres suivants :
• la reconstitution régulière d’une partie du stock et ce compte tenu des durées de péremption de ces masques ;
• le recensement des tailles de populations cibles et des volumes d’utilisation journaliers ;
• la durée de mise en place des mesures de prévention par les masques ;
• les capacités de fabrication et d’approvisionnement pendant une crise ;
• l’observance aux mesures de prévention par les masques.
Sur le sujet : Masques #FFP2 : la France n’a pas de stocks d’État, les médecins sont éberlués (3)

Rupture de stock

Cette probable défaillance de l’État aurait pu passer inaperçue si les circuits de distribution traditionnels étaient à même répondre à la demande. Or ce n’est clairement pas le cas à ce jour.
⇒  En effet, si le ministre de la Santé, Olivier Véran affirmait lors de sa conférence de presse,  lundi 24 février 2020 : « Il n’y a donc aucun problème d’accès à ces masques pour toutes celles et ceux qui en ont besoin ».
Il aurait tenu des propos d’une tout autre nature au président de Médecins Généralistes France, Jacques Battistoni qui se confie à Libération :
« Il n’y a pas de stock de FFP2, Olivier Véran me l’a confirmé lundi. »

Depuis, le gouvernement aurait passé une commande de 35 millions de masques FFP2 par mois, mais les fabricants ont du mal à répondre à la demande et les délais de livraison sont, à ce stade, inconnus. (…)
Tous les stocks des fabricants auraient déjà été mis à mal par les commandes venant de Chine et la plupart des pays européens sont logés à la même enseigne.
Même les solutions de gels hydroalcooliques ne sont plus disponibles en Pharmacie.
Sans gel ni masques de protection, les cabinets de consultation pourraient rapidement devenir un lieu à haut risque si l’épidémie venait à se confirmer.
(…)
*Pour autant la livraison des masques chirurgicaux s’organise et chaque professionnel de santé libéral pourra dans le courant de la semaine retirer dans une pharmacie son premier lot de 50 masques antiprojection FFP1, sur présentation de sa carte professionnelle. 10 millions de masques auraient ainsi été libérés.
*par  L’ingénue
De fait dans notre département de la région Centre, les pharmacies n’avaient pas reçu de masques dans la semaine du 3 mars 2020 ;  ils n’en ont reçus qu’en milieu de  semaine 12, quant à nos courageux médecins de ville – même ceux qui font des visites à domicile-, ils n’avaient toujours rien reçu, hier  – 21 mars 2020 –  ni masques ni tests, venant de Jérôme Salomon, directeur général de la Santé.  

Les syndicats furieux
« Cela fait des jours que nous réclamons des masques FFP2, affirme le Dr Jean-Paul Ortiz, président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français au site legeneraliste (4). Si l’on est confronté à une grande épidémie et si seuls sont hospitalisés les cas les plus graves et les patients les plus fragiles, il faudra que tous les soignants soient protégés. »
« L’absence de protections (masques, lunettes, blouses) est un message désastreux envoyé à la médecine de premier recours. Être sans moyens énerve l’ensemble des médecins généralistes ». Jean-Paul Hamon, président de la Fédération des Médecins Français (5) pour le Monde ». »

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1            3 mars 2020       [phase 2 de l’épidémie]

Le Président de la République s’est rendu au centre de crise du ministère des Solidarités et de la Santé pour faire le point. Retrouvez sa déclaration aux professionnels de santé en vidéo« .

par L’ingénue – quelques remarques sur la vidéo :

M. Macron est entouré à  sa droite par  O. Véran, ministre de la Santé et à sa gauche par  J. Salomon, directeur général de la Santé.

L’on sait que pour MM. Macron, Philippe et Véran comme pour le Professeur Salomon, parmi « les seuls gestes qui sauvent les autres », et qui remplacent les tests et  les masques  – que ces messieurs ont et que nous, nous n’aurons pas-  ce serait « tousser, éternuer et se moucher dans son coude », c’est pourquoi en remerciement,  il touche le bras du  ministre  … lequel, doit-il cependant espérer, ne s’est pas mouché avec !  …
Ce n’est qu’un clin d’œil attristé de l’ingénue en ce temps d’Ubu au pouvoir …

À 1:51 il « pense(sic) aux médecins libéraux, aux infirmières libérales, aux pharmaciens »(…)

 puis à   2:22 il dit  « pouvoir continuer à agir, protéger (sic) nos concitoyens et protéger (sic) nos personnels de santé« .

et à 3:55  il termine  sa prestation vidéo par :
« nous sommes et nous serons mobilisés dans la durée et jusqu’à la fin« ,
puis tourné vers O. Véran, d’une voix qui faiblit de plus en plus – car M. Macron sait qu’il n’y a ni tests, ni masques, pour le petit peuple et ses médecins-
« mais nous sommes prêts (sic), je sais (?) que nous aurons cette force de relever le défi« .  

2   3 mars 2020     Stocks insuffisants de masques FFP2 : la faute lourde de l’État ?   caducee.net 

3 La France n’a pas de stocks d’État, les médecins sont éberlués

4  CSMF   Confédération des Syndicats Médicaux Français  –   legeneraliste.fr

5 FMF Fédération des médecins de France

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Encore quelques jours pour nous saisir d’une parcelle de pouvoir

 3 mars – 5 mars  –   7 mars   – jeudi 12 mars 2020


Il en est encore temps …  jusqu’au 12 mars 2020 à minuit.

 

Cette parcelle de pouvoir que nous octroie la République française, nous la devons aux députés et aux sénateurs qui ont fait enregistrer par la Présidence de l’Assemblée nationale, le 10 avril 2019 :
une Proposition de loi visant  à affirmer le caractère de service public national de l’exploitation des aérodromes de Paris (ADP).

C’est à l’initiative du  Sénat qui, le 9 avril 2019, « lors de l’examen en nouvelle lecture du projet de loi relatif à la croissance et la transformation des entreprises, dit « PACTE », a adopté, par 191 voix pour et 50 voix contre (…) une motion tendant à opposer la question préalable sur ce texte. En conséquence, il n’a pas adopté le projet de loi.  

« Cette motion a été présentée, au nom de la commission spéciale, par ses rapporteurs Michel Canevet, Jean-François Husson et Élisabeth Lamure, qui estiment :
que « ce texte, au regard de l’objectif qui lui était fixé, devait favoriser la croissance et la transformation des entreprises, en les libérant de certaines contraintes, en simplifiant leur environnement et en accompagnant mieux leur développement [et] aurait pu rassembler une large majorité dans chacune des deux assemblées, sur des mesures utiles » ;
mais que « ces dispositions […] sont apparues secondaires par rapport à la question du désengagement de l’État du capital des entreprises Aéroports de Paris et la Française des Jeux [qui] constitue le principal obstacle à la poursuite d’un échange utile et fructueux entre les assemblées » ;
et par conséquence qu’ « examiner le projet de loi issu des travaux de l’Assemblée nationale en nouvelle lecture ne permettrait donc pas d’aller plus loin dans la recherche de compromis et de dispositifs plus équilibrés entre les deux assemblées sur les différents volets du texte » (1).

On connaît la suite : la loi Pacte, qui contient la privatisation d’ADP, a été adoptée à l’Assemblée nationale, le jeudi 11 avril 2019 – après le refus d’adoption de la loi par le Sénat le 9 avril 2019.
 M. Macron a réussi à privatiser ADP, avec 147 voix pour [sur 577] et 50 voix contre. (2)

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C’est ainsi que face au pouvoir-en-marche de M. Macron,  il nous faudrait à nous, simples citoyens, pour gagner cette parcelle de pouvoir,  être le 12 mars 2020 :   4,7 millions  
à avoir soutenu cette proposition pour que le gouvernement organise un référendum.

On a déjà dépassé le million (3) pour ce référendum d’initiative partagée et  déjà on en est fier  !

 Mais on peut  faire encore mieux d’ici jeudi 12 mars 2020.

C’est simple : il suffit d’avoir sa carte d’identité, et de repérer le numéro,
avant de cliquer sur le site  référendum d’initiative partagée

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L’Assemblée nationale, a refusé en nouvelle lecture, les 14 et 15 mars 2019,  l’apport du Sénat sur la suppression  des dispositions relatives à la privatisation de La Française des jeux et d’ADP (Aéroports de Paris).
   ⇒   Lors de sa Session ordinaire de 2018-2019 le jeudi 14 mars 2019 :
Cf. Compte-rendu de la séance du jeudi 14 mars 2019
 Deuxième séance  Privatisation d’ADP (appelé par priorité – suite) fin à 20h.
Cf. Compte- rendu de la séance du jeudi 14 au vendredi 15 mars 2019
Troisième séance  (21h30 à 6h).
Suite de la discussion, en nouvelle lecture, du projet de loi relatif à la croissance et à la transformation des entreprises.
  VOTE SUR L’ENSEMBLE de la Loi Pacte et donc pour la privatisation d’ADP :

Nombre de votants          45      Nombre de suffrages exprimés   42
Majorité absolue             22    Pour l’adoption    27   sur    577 députés   Contre 15

Cf. France 24 avec Reuters et AFP. 11 avril 2019
Le Parlement a définitivement adopté jeudi le projet de loi Pacte et sa mesure la plus controversée, la privatisation du groupe Aéroports de Paris, contre laquelle un référendum d’initiative partagée (RIP) est enclenché. 


3
Le Figaro avec AFP 8 janvier 2020
 Référendum ADP: 1.057.000 soutiens enregistrés au 8 janvier 2020

On notera le silence si peu républicain et tellement complice de tous les médias audiovisuels du pouvoir- personnel-en-marche de M. Macron … sur ce référendum … depuis 9 mois. 

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