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Vue panoramique de Tours 1787

Catégorie — Utilité du Beau

Qui veut la peau … du musée des Beaux-Arts de Tours ?

24 – 26- 27 juillet 2017

Qui  refuse la manne pour notre musée des Beaux-Arts de Tours de la donation de Léon et Martine Cligman : 1 200 œuvres d’art d’une valeur totale d’environ 20 millions d’euros  ?

Qui dédaigne  accroître la richesse de ce très beau musée pour offrir au public, à la jeunesse, un tel supplément d’art et de beauté ? Imaginez ! 1 200 œuvres d’art en plus à admirer !
« L’art émeut. De là sa puissance civilisatrice » écrivait V. Hugo (1).

Qui se désintéresse à ce point de la culture pour tous et de notre patrimoine artistique  ?

Faut-il chercher parmi  les 121 élues d’Indre-et- Loire et de la ville de Tours : tous et toutes, très honorables députés, sénateurs, conseillers régionaux avec leur président, conseillers départementaux avec leur président,   conseillers municipaux avec le maire de Tours, et ces 72 membres du nouveau conseil métropolitain de « Tours Métropole Val de Loire » ?

Qui parmi eux a décidé de privilégier le CCC OD  (Centre de Création Contemporaine Olivier Debré), inauguré par F. Hollande, le 10 mars 2017 (2),  en privant le musée des Beaux-Arts de son dû ?

Qui a osé le spolier du legs généreux d’un couple d’esthètes amoureux de la Touraine et de son musée ?
A-t-on peur que le MBA (musée des Beaux-Arts) prenne des visiteurs donc des futurs acheteurs d’ « art contemporain » à leur CCC OD ?

On se souvient comment, en juin 2016, Sophie Join-Lambert, conservateur et directrice du musée, avait accueilli la perspective de ce don exceptionnel : « ce sont vraiment des œuvres de grands noms, des œuvres qui ont marqué la fin du 19ème et le début du 20ème siècle comme Corot, Delacroix ou Degas. C’est vraiment un bel ensemble qui sera ensuite déposé au musée des Beaux-Arts de la ville de Tours. » (3)

En mars 2017, ni le président Hollande ni sa ministre de la Culture ne lui ont apporté  leur soutien  ; la quintessence huileuse de l’art contemporain suffisait à leur sensibilité artistique (!).

♠ ♠ ♠  On s’interroge aussi sur le silence assourdissant des médias qui ont laissé tout ce petit monde politiqueNacer Meddah, préfet du Loiret et de la région Centre- Val de Loire,  Sylvie le Clech, directrice régionale des affaires culturelles (Drac Centre), Jean-Christophe Royoux, conseiller Arts plastiques (Drac Centre),  Pierre Oudart, directeur des arts plastiques, Malika Bouabdellah, « personnalité qualifiée » historienne de l’art, ancienne conservatrice du Louvre etc.   … enterrer un projet magnifique, comprenant une dotation supplémentaire de 5 millions d’euros pour donner au public le bel espace d’un vrai grand musée d’art en Touraine.
Serait-ce juste l’effet du hasard … mais ils/elles sont tous membres du Conseil d’administration du Frac Centre (Fonds régional d’art contemporain de la région Centre-Val de Loire)?

… ♠ Alors, faut-il penser qu’entre un Delacroix, un Corot, un Degas … et de l’huile,
la Direction régionale des affaires culturelles Centre- Val de Loire
 aura œuvré à rejeter la donation Cligman au MBA Tours … pour évincer ce rival du CCC OD ?

… Silence … on  déshérite le peuple de son patrimoine ….   Silence … on  bafoue le Beau …

Ah !(soupir) …  Pouvoir encore choisir entre un Delacroix, un Corot, un Degas … et une flaque d’huile noire   !!

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1    Cf. note Utilité du Beau    Victor Hugo mai 1864   

2   Cf. note  Hollande, la reine … et la flaque d’huile  3-13 avril 2017

3    L’incroyable donation faite au musée des Beaux-Arts      Europe1.fr   23 juin 2016

       Tours : don exceptionnel de 1 200 œuvres au musée des Beaux-Arts    Le Figaro.fr  Marie-Amélie Blin 23 juin 2016

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NB  Pour mieux comprendre, lire L’Imposture de l’art contemporain – Une utopie financière Aude de Kerros (Eyrolles 2016)

et par L’ingénue, une note de 2009 – complétée en 2014  : M. Pinault, les milliardaires et Paul McCarthy

Ajout du  27.07. 2017  … où l’on voit comment « Le président Macron et sa première dame » sont  aussi aux côtés des milliardaires …  de la chanson.

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24 juillet 2017   Commentaires fermés sur Qui veut la peau … du musée des Beaux-Arts de Tours ?

Utilité du Beau

7. 11. 2016 –  2  avril 2018

Utilité du Beau

Un homme a, par don de nature ou par développement d’éducation, le sentiment du Beau. Supposez-le en présence d’un chef-d’œuvre, même de l’un de ces chefs- d’œuvre qui semblent inutiles, c’est-à-dire qu’ils sont créés sans souci direct de l’humain, du juste et de l’honnête, dégagés de toute préoccupation de conscience et faits sans autre but que le Beau ; c’est une statue, c’est un tableau, c’est une symphonie, c’est un édifice, c’est un poème. En apparence cela ne sert à rien ; à quoi bon une Vénus ? à quoi bon une flèche d’ église ? à quoi bon une ode sur le printemps ou sur l’aurore, etc.,  avec ses rimes ?  Mettez cet homme devant cette œuvre. Que se passe-t-il en lui ? Le Beau est là. L’homme regarde ; l’homme écoute ; peu à peu, il fait plus que regarder, il voit ; il fait plus qu’écouter, il entend.

Le mystère de l’art commence à opérer ; toute œuvre d’art est une bouche de chaleur vitale ; l’homme se sent dilaté. La lueur de l’absolu, si prodigieusement lointaine, rayonne à travers cette chose, lueur sacrée et presque formidable à force d’être pure. L’homme s’absorbe de plus en plus dans cette œuvre : il la trouve belle ; il la sent s’introduire en lui. Le Beau est vrai de droit.  L’homme, soumis à l’action du chef- d’œuvre, palpite, et son cœur ressemble à l’oiseau qui, sous la fascination, augmente son battement d’ailes. (…)
Il creuse et sonde de plus en plus l’œuvre étudiée ; il se déclare que c’est une victoire pour l’intelligence que de comprendre cela ; il y a de l’exception dans l’admiration, une espèce de fierté améliorante le gagne ; il se sent élu ; il lui semble que ce poème l’a choisi. Il est possédé du chef-d’œuvre.

Par degrés, lentement, à mesure qu’il contemple ou à mesure qu’il lit, d’échelon en échelon, montant toujours, il assiste, stupéfait, à sa croissance intérieure ; il voit, il comprend, il accepte, il songe, il pense, il s’attendrit, il veut ; les sept marches de l’initiation ; les sept notes de la lyre auguste qui est nous-mêmes. Il ferme les yeux pour mieux voir,  il médite ce qu’il a contemplé, il s’absorbe dans l’intuition, et tout à coup, net, clair, incontestable, triomphant, sans trouble, sans brume, sans nuage, au fond de son cerveau, chambre noire, l’éblouissant spectre solaire de l’idéal apparaît ; et voilà cet homme qui a un autre cœur. (…)

Être grand et inutile, cela ne se peut. L’art, dans les questions de progrès et de civilisation, voudrait garder la neutralité qu’il ne le pourrait. L’humanité ne peut être en travail sans être aidée par sa force principale, la pensée. L’art contient l’idée de liberté, arts libéraux ; les lettres contiennent l’idée d’humanité, humanories litteræ. L’amélioration humaine et terrestre est une résultante de l’art. Les mœurs s’adoucissent, les cœurs se rapprochent, les bras embrassent, les énergies s’entresecourent, la compassion germe, la sympathie éclate, la fraternité se révèle, parce qu’on lit, parce qu’on pense, parce qu’on admire. Le Beau entre dans nos yeux rayon et sort larme. Aimer est au-dessus de tout.

L’art émeut. De là sa puissance civilisatrice. »

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« Utilité du Beau »  est puisée dans les Notes de travail  de Victor Hugo pour son ouvrage « William Shakespeare » et pour la Préface de la nouvelle traduction de Shakespeare de son fils, François-Victor Hugo, qui faisait paraître la traduction de Shakespeare depuis 1858. Cette  Préface (écrite en mai 1864) a pris place au début du XVème volume des Œuvres complètes de Shakespeare. François-Victor Hugo (1828-1873) est le second fils de Victor et Adèle Hugo.

Victor Hugo publia son livre « William Shakespeare » en avril 1864, mois du jubilé du trois centième anniversaire de la naissance  du poète et dramaturge anglais.
⇒ William Shakespeare  (1564-1616). En 2016, on célèbre le quatre centième anniversaire de sa mort.
(source Pierre Albouy p. 127 Tome XII des Œuvres complètes de Victor Hugo – club français du livre sous la direction de Jean Massin /1969)

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Apostille

Ne pas confondre le Beau selon Victor Hugo avec « l’art de l’urinoir industriel » depuis Marcel Duchamp », dit « art contemporain », simple machination à visée spéculative… qui n’émeut ni ne civilise.

Ainsi, l’art contemporain de la FIAC invité par les milliardaires de la Place Vendôme avec « Tree » – le plug anal » de M. Paul McCarthy (disciple américain de Marcel Duchamp),  à Paris, en octobre 2014, n’est pas  « une victoire pour l’intelligence » !

« L’humanité ne peut être en travail sans être aidée par sa force principale, la pensée » écrit V. Hugo ; aussi faut-il lire l’ouvrage passionnant d’ Aude de Kerros : L’imposture de l’art contemporain – Une utopie financière (Eyrolles).

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Afin que  « le mystère de l’art commence à opérer » :

Pourquoi se priver d’ « entendre » (même un bref instant par le Wiener Philharmoniker – Ch. Thielemann)
La neuvième Symphonie de Beethoven  en ré mineur   avec son Hymne à la Joie

ou sa sixième Symphonie dite La Pastorale en fa majeur      ?

 

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7 novembre 2016   Commentaires fermés sur Utilité du Beau