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L’actualité 2016 – à Alpha Diallo (alias Black M) et à tous les rappeurs Afro-Français

Vendredi 20 mai 2016

Messieurs et Chers amis,

Même si vous ne lisez jamais cette page, elle témoigne  de mon admiration pour le grand poète Sénégalais Léopold Sédar Senghor, né en 1906, qui est vôtre comme il est mien, et j’aurais souhaité  sincèrement que vous puissiez ressentir la force morale qui fut la sienne, la justesse et la beauté de son expression poétique.

 HOSTIES NOIRES  (1940-1945)

Poème  liminaire   À L.-G. Damas

Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main
chaude sous la glace et la mort
Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes,
votre frère de sang ?

Je ne laisserai pas la parole aux ministres, et pas aux
généraux
Je ne laisserai pas – non !- les louanges de mépris
vous enterrer furtivement.
Vous n’êtes pas des pauvres aux poches vides sans
honneur
Mais je déchirerai les rires banania sur tous les murs
de France.

Car les poètes chantaient les fleurs artificielles des nuits
de Montparnasse
Ils chantaient la nonchalance des chalands sur les
canaux de moire et de simarre
Ils chantaient le désespoir distingué des poètes tuber-
culeux
Car les poètes chantaient les rêves des clochards sous
l’élégance des ponts blancs
Car les poètes chantaient les héros, et votre rire n’était
pas sérieux, votre peau noire pas classique.

Ah ! Ne dites pas que je n’aime pas la France – je ne
suis pas la France, je le sais-
Je sais que ce peuple de feu, chaque fois qu’il a libéré
ses mains
A écrit la fraternité sur la première page de ses
monuments
Qu’il a distribué la faim de l’esprit comme de la liberté
À tous les peuples de la terre conviés solennellement
au festin catholique
Ah ! ne suis-je pas assez divisé ? Et pourquoi cette
bombe
Dans le jardin si patiemment gagné sur les épines de
la brousse ?
Pourquoi cette bombe sur la maison édifiée pierre à
pierre ?

Pardonne-moi, Sîra-Badral, pardonne étoile du Sud de
mon sang
Pardonne à ton petit-neveu s’il a lancé sa lance pour
les seize sons du sorong.
Notre noblesse nouvelle est non de dominer notre
peuple, mais d’être son rythme et son cœur
Non de paître les terres, mais comme le grain de millet
de pourrir dans la terre
Non d’être la tête du peuple, mais bien sa bouche et
sa trompette.

Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes,
votre frère de sang
Vous Tirailleurs Sénégalais, mes frères noirs à la main
chaude, couchés sous la glace et la mort ?

Paris, avril 1940.
L. S. Senghor a 34 ans
………………………………….

En cette période de Centenaire de la Première guerre mondiale 1914-1918,  son poème  Aux Tirailleurs sénégalais morts pour la France (1940) , le quatrième du recueil HOSTIES NOIRES, est aussi  L’HOMMAGE et la RECONNAISSANCE DU PEUPLE FRANÇAIS envers TOUS CEUX qui sont MORTS POUR LA FRANCE – MORTS POUR LA RÉPUBLIQUE.

Fraternellement
Michèle Adrienne alias L’ingénue


NB
Le poète L. Senghor  a 32 ans en 1938  … le même âge qu’Alpha Diallo alias le rappeur Black M en 2016.
Pourquoi ne pas avoir eu l’idée fraternelle de proposer la lecture d’un  ses poèmes (de celui-ci par exemple) pour le Centenaire des batailles de Verdun ?  Pour le cent dixième anniversaire de la naissance du poète ?

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♦ Je m’adresse ici à M. Alpha Diallo (Black M) et à MM. les rappeurs Philippe Fragione (Akhenaton),  Sérigne M’Baye Gueye (Disiz),  Landry Delica (Dry),  Bruno Lopès (Kool Shen), Gaëllino M’Bani (Lino),  Ken Samaras (Nekfeu),  Nabil Selhy (Nessbeal),  Sadek Bourguiba (Sadek) ,  Mohamed Amine Khemissa (Sneazzy),  ? (West),  Saïd M’Roumbaba (Soprano),  ? (S.Pri Noir).
Cf. Douze rappeurs prêchant l’autodafé et la fatwa ne font pas un bel hommage à la Marche des Beurs
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