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Le Temps des cerises – en hommage à Louise, rue de la Fontaine-au-Roi

              

Jean- Baptiste Clément dédia  Le Temps des cerises  à  Louise, la jeune  ambulancière qu’il présenta ainsi * :

   « Entre onze heures et midi [ le 28 mai 1871], nous vîmes venir à nous une jeune fille de vingt-deux ans qui tenait un panier à la main.

Nous lui demandâmes d’où elle venait, ce qu’elle venait faire et pourquoi elle s’exposait ainsi.
Elle nous répondit avec la plus grande simplicité qu’elle était ambulancière et que la barricade de la rue Saint-Maur étant prise, elle venait voir, rue de la Fontaine-au-Roi, si nous n’avions pas besoin de ses services.
Un vieux de 48, qui n’a pas survécu à 71, la prit par le cou et l’embrassa.
C’était en effet admirable de dévouement !
Malgré notre refus motivé de la garder avec nous, elle insista et ne voulut pas nous quitter.
Du reste, cinq minutes plus tard elle nous était utile. Deux de nos camarades tombaient frappés, l’un d’une balle dans l’épaule, l’autre au milieu du front.
J’en passe !!!
Quand nous décidâmes de nous retirer, s’il en était temps encore, il fallut supplier la vaillante fille pour qu’elle consentit à quitter la place.
Nous sûmes seulement qu’elle s’appelait Louise  et qu’elle était ouvrière. Naturellement, elle devait être avec les révoltés et les las de vivre ! Qu’est-elle devenue ?
A-t-elle été, avec tant d’autres, fusillée par les Versaillais ?

    N’était-ce pas à cette héroïne obscure que je devais dédier la chanson la plus populaire de toutes celles que contient ce volume ?» 

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……….Rue de la Fontaine-au-Roi, c’était le temps de la dernière barricade de la Commune, et Eugène Varlin y était aussi …………….

 « Varlin se bat rue Ramponneau entre  la rue Julien Lacroix et le boulevard de Belleville.
Vers dix heures, la position est devenue intenable.
Varlin, ceint de l’écharpe rouge, le fusil en bandoulière, traverse le boulevard de Belleville et vient renforcer la barricade située à l’angle de la rue du Faubourg du Temple  et de la rue de la Fontaine-au-Roi. Il y a à ses côtés les deux Ferré (Théophile et Hippolyte), Jean-Baptiste Clément, Gambon. (…) Un grand gaillard, un Garibaldien, inconnu plante sur la barricade un immense drapeau rouge.

À midi, c’est fini. **
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*  Dans son recueil « Chansons ».
La chanson « Le Temps des cerises ( J.B. Clément – A. Renard )  fut créée en 1867 au Casino de Bruxelles,  où Antoine Renard, l’auteur de la mélodie se produisait. » D’après les notes de Pierre Jonchères pour la pochette du disque Chants de la Commune par le groupe «17» Le Chant du Monde.

**  Eugène Varlin Militant ouvrier, révolutionnaire et Communard  (Collection Précurseurs), Jean Bruhat, Éditeurs Français Réunis, 1975

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Quand nous chanterons le temps des cerises
Et gai rossignol et merle moqueur
Seront tous en fête !
Les belles auront la folie en tête
Et les amoureux , du soleil au cœur !
Quand nous chanterons le temps des cerises
Sifflera bien mieux le merle moqueur !

Mais il est bien court, le temps des cerises
Où l’on s’en va deux, cueillir en rêvant
Des pendants d’oreille …
Cerises d’amour aux robes pareilles,
Tombant sous la feuille en gouttes de sang …
Mais il est bien court, le temps des cerises,
Pendant de corail qu’on cueille en rêvant !

Quand vous en serez au temps des cerises,
Si vous avez peur des chagrins d’amour,
Evitez les belles !
Moi qui ne crains pas les peines cruelles,
Je ne vivrai point sans souffrir un jour …
Quand vous en serez au temps des cerises,
Vous aurez aussi des peines d’amour !

J’aimerai toujours le temps des cerises ;
C’est de ce temps là que je garde au cœur
Une plaie ouverte !
Et dame fortune en m’étant offerte
Ne pourra jamais fermer ma douleur …
J’aimerai toujours le temps des cerises
Et le souvenir que je garde au cœur !

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Le Temps des cerises partition 1