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Fête ou sacrifice tragique ?

Cette note  du 16 octobre 2014 sur  l’Aïd 2014 devrait  bouleverser les mêmes (1),  car pour que ce soit vraiment la fête, pour un vrai sacrifice,  l’agneau doit être « conscient » quand on l’égorge ….  c’est vrai aussi pour l’égorgement ou la décapitation des  infidèles par l’État islamique…
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Samedi 4 octobre 2014, c’était Aïd al-Adha (la fête du sacrifice), la plus belle, la plus grande fête islamique, l’équivalent du Noël chrétien pour les musulmans.
Mais foin de la dinde rôtie de Noël , le mouton doit être bien vivant comme le jeune Ismaël, fils d’Ibrahim (Abraham pour les judéo-chrétiens).
Selon la croyance antique, dieu avait demandé au père d’égorger le fils, puis avait changé d’avis devant la soumission du père brandissant le couteau et préféré le sacrifice d’un animal. On est encore dans la tradition des rituels païens sanglants.

Donc, c’est la fête !  Certes, pour découper la dinde ou la bûche de Noël, comme pour égorger le mouton, il faut un couteau. Pour la bûche, en souvenir du feu joyeux dans la cheminée, pour l’agneau, en souvenir d’un sacrifice sanglant nécessaire à la fête.

Le rédacteur d’un site islamique* encore réjoui et plein d’humour, le lundi 6 octobre, raconte l’histoire de «la mystérieuse chute du mouton qui a tenté de se suicider», le vendredi, veille de l’Aïd, en sautant par la fenêtre du 5ème étage d’un immeuble de Lille.
C’est d’autant plus drôle pour le rédacteur qu’il sait que  l’agneau «blessé et conscient »(sic) a été récupéré par la famille : « Happy end pour le mouton donc. Du moins pour quelques heures seulement…**» écrit-il.

Mais en cette même veille de l’Aïd, le 3 octobre, à Diyarbakir en Turquie***, une chèvre gardée pour le sacrifice par Mehmet Yildirim, en haut d’un immeuble de 6 étages, est tombée sur son fils Heval,  âgé de 13 ans qui jouait avec ses camarades près de l’immeuble. Heval, grièvement blessé est mort.

Est-ce la fête, la tragédie sanglante de la mort d’un enfant, dans le sacrifice préparé par son  père et qui aurait pu se produire de la même façon, le même jour, à Lille ?

 

« Nulle contrainte en religion »  nous répètent en boucle les organisations islamiques, mais alors :

Qui contraint les musulmans à perpétuer le sacrifice sanglant d’un animal, qu’ont abandonné depuis longtemps les autres monothéismes ?
Qui contraint les musulmans à circoncire les petits garçons ?

Et quand Abdelwahab Meddeb ♦ nous dit comment, tout petit, après avoir assisté à un égorgement, il faisait des cauchemars où il était à la place du mouton,  on se prend à imaginer une autre fête de l’Aïd, un fête sans sacrifice sanglant, une fête où l’on offrirait des moutons en peluche aux enfants, une fête qui ne leur donnerait plus de cauchemars et où l’on s’enverrait simplement des jolies cartes …

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  Mercredi 30 mars 2016
Toutes les radios et toutes les télévisions ont repris hier l’information venue d’une association de défense des animaux, si sensible au malheur des bêtes qu’elle supporterait mieux la ruine et/ou le suicide  de tous nos paysans éleveurs  : « il y avait eu des actes de cruauté dans un abattoir ».

* saphirnews.com 6.10.2014 / source La Voix du Nord

**  ♠ Le rédacteur, évoquant le sursis du  mouton « se demande encore combien de temps le journalisme d’investigation a devant lui».  Serait- ce un rappel de la tragédie de l’Algérie durant «la décennie noire 1991-2002» quand le GIA (groupe islamique armé) massacrait les journalistes ou en France , quand le CFCM, l’UOIF et la Ligue islamique mondiale intentaient en 2007, un procès aux journalistes de Charlie Hebdo ?  Serait-ce une menace ?

*** saphirnews.com 9.10.2014 Le rédacteur n’établit aucun lien entre les deux faits.

♦  sur France Culture – dans l’émission Cultures d’Islam de Abdelwahab Meddeb du dimanche 27 décembre 2009 : Rencontres d’Averroès(1/2) à Marseille. Étaient invités Mahmoud Hussein, Penser le Coran, Grasset, 2009 et Jean-Christophe Attias, Juifs et musulmans, une histoire partagée, un dialogue à construire, La Découverte, 2006.
Laissons la parole à Abdelwahab Meddeb « (…) La mise en scène du rite sanglant ne prédispose-t-elle pas à la dérive régressive qui retourne le couteau vers le cou de l’homme dont l’immolation est légitimée par l’accusation de mécréance, faisant de lui un ennemi de Dieu, dont le sang devient licite ? (…)»

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– Abdelwahab Meddeb, né en 1946 à Tunis, est décédé à Paris le 5 novembre 2014 –  Lire cette dernière citation  comme un hommage à l’humaniste qu’il fut.

Abdelwahab Meddeb 1946-2014